Greek-French Master Programme PODEPRO

Développement local

Course goal

Objectifs D’une part, offrir aux étudiants les connaissances indispensables afin qu’ils soient en mesure de comprendre non seulement les nouveaux enjeux économiques mais également la dimension spatiale de l’économie. L’espace n’est pas, comme le postulaient les économistes classiques et néo-libéraux, neutre et surtout il n’est pas isotrope. C’est à partir de l’incapacité des approches traditionnelles d’expliquer le maintien des inégalités non seulement entre les pays mais également au sein même d’un pays (dimension sub-régionale) que les approches économiques (approches empiriques) et la réflexion théorique (qui se développe bien souvent à posteriori) se sont largement rénovées depuis les années ’80. De nouveaux concepts ont ainsi émergés, ces derniers se rattachant de plus en plus à (i) la dimension territoriale du développement économique et (ii) au caractère opérationnel du développement (projet) qui lui-même, remet en exergue le rôle de l’intervention des acteurs locaux – régionaux mais pas uniquement sur le fonctionnement de l’économie et des territoires. D’autre part, inciter les étudiants dans un objectif de professionnalisation, à réfléchir sur les composantes (internes et externes) et les potentialités du développement à l’échelle locale.

Course subject

Axe transversal de réflexion Après une rapide lecture critique du contexte actuel du processus de développement (mondialisation et décentralisation), l’axe transversal de réflexion proposé est le suivant : dans un contexte d’intégration économique croissant, comment peut-on envisager une dynamique locale qui aille au-delà d’une simple problématique d’espace en tant que support d’activités économiques (localisation, districts etc). En d’autres termes comment peut-on envisager une dynamique basée sur une véritable articulation entre l’espace et ses ressources (matérielles et immatérielles), l’organisation (proximités) et les activités économiques et donc l’implication et la coordination des acteurs (endogènes – exogènes) dans ce processus d’articulation multiple. La dynamique locale ne peut s’exprimer uniquement en termes de compétitivité économique (découlant essentiellement des effets d’agglomération), elle renvoie à un processus plus complexe d’attractivité qui, de part ses dimensions socio-économiques, culturelles, environnementales etc, exige la mise en œuvre de projets dans lesquels l’aménagement et le développement forment un « tout cohérent ». Il est donc nécessaire de réfléchir sur les hypothèses, conditions et mécanismes d’émergence d’une dynamique sub-régionale au sein d’un environnement de plus en plus ouvert et diversifié. La globalisation n’est pas un obstacle à une telle émergence car un des aspects – mais ce n’est pas le seul – de ce phénomène contemporain fut l’apparition d’un spectre de situations diversifiées et complexes, favorisée par un processus plus ou moins avancé de décentralisation et déconcentration. Enfin, soulignons que pour un espace sub-régional donné et compte tenu de ce spectre de situations diversifiées, il est clair que la construction des hypothèses, conditions et mécanismes d’émergence d’une dynamique sub-régionale passe par l’élaboration d’un diagnostic territorial dont l’une des composantes majeures est le diagnostic socio-économique. Cette question sera explicitement abordée dans la mesure où elle facilite l’appréciation de l’attractivité du territoire mais également les capacités de renforcement de celle-ci. Les thèmes de réflexion 1. Les données actuelles pour une approche pertinente du processus de développement local: - mondialisation / globalisation : quelles conséquences? - Intégration économique et cadre régional : L’intégration régionale serait une étape obligée pour une insertion plus large des économies dans l’économie mondiale (Darrigues, Montaud, 2003), d’où la multiplication des espaces économiques supra-nationaux du type U.E., Mercosur, UEMOA, SADC etc. 2. La nécessaire prise en compte de l’espace dans l’analyse économique et l’étude des processus de développement. - Causes de l’émergence de cette nouvelle approche - Fondements théoriques : des travaux historiques (Von Thunen, Christaller etc) aux multiples approches régionales (Perroux, Boudeville, etc…) et urbaines (Alonso, Mills etc) pour déboucher sur la nouvelle économie géographique (Krugman, Fujita, Puga etc) et les nouveaux courants d’analyse (telle l’approche française des proximités) - quels enseignements tirés des approches récentes en matière de : (a) prise en compte des dynamiques de reconstruction territoriale au sein même des régions (recompositions spatiales) (b) détection des potentialités locales, souvent voilées voir même sous-estimées : insuffisante prise en compte (i) des ressources spécifiques non directement liées au système productif telles aménités rurales, capital culturel et patrimonial, mais également des formes combinées de proximité 3. De l’approche spatiale à l’approche territoriale : compétitivité des territoires - économies d’agglomération, - les pôles de croissance et de compétitivité - les pôles d’excellence rurale en France “Le fait grossier, mais solide, est celui-ci : la croissance n’apparaît pas partout à la fois ; elle se manifeste en des points ou pôles de croissance avec des intensités variables ; elle se répand par divers canaux et avec des effets territoriaux variables pour l’ensemble de l’économie.” (Perroux 1955) La compétitivité territoriale renvoie donc, dans un premier temps, à la capacité de supporter la concurrence du marché. Mais cela ne suffit plus. - nouvelles dimensions de la compétitivité : “Un territoire devient compétitif s’il peut affronter la concurrence du marché tout en assurant une durabilité environnementale, économique, sociale et culturelle fondée sur des logiques de réseau et d’articulation interterritoriale.” (Farrell et al., 1999) Fait important par rapport aux courants classiques de l’économie, est la reconnaissance que la source des avantages territoriaux n’est plus tant basée sur la dotation innée en ressources naturelles et facteurs de production que sur l’existence de ressources immatérielles telles : savoir-faire, innovation et capital humain (districts, SPL etc), toutes les composantes qui permettent de constituer un « milieu » 4. De la compétitivité des territoires à l’attractivité des territoires - la mesure de l’attractivité en termes de maintien et mouvements de population et par voie de conséquence des activités : de l’importance du contenu et de l’évaluation des diverses formes de mobilité dans le cadre des nouvelles fonctions de l’espace : référence à des approches alternatives telles l’économie résidentielle et présentielle (L. Davezies) ou encore la socio-économie territorialisée. C’est dans ce cadre que sera abordée, à titre d’exemple, la question de l’attractivité des petites et moyennes villes, en se référant tant au cas de la France que celui de la Grèce. - les nouvelles formes de proximité, élément de renforcement de l’attractivité : approche de type cognitif – évolutif (voire École Française de la proximité), - le contenu de l’attractivité : exemple des branches de l’attractivité (entre autres : Mamdy et Hausard 2000, Guerin et Vollet 2002, etc): i. Services – infrastructures, ii. Paysage et cadre de vie, iii. Patrimoine culturel, activités culturelles – vie associative, capital social iv. Entrepreneuriat local : intégration des activités économiques, valorisation des ressources territoriales et diversification (dont la prise en compte de l’économie sociale et solidaire…), position sur le marché v. Représentations et images territoriales vi. Politiques d’accueil et d’attractivité : lisibilité de la politique, coordination des acteurs etc 5. Diagnostic de l’attractivité et des potentialités de développement local - le contenu et les méthodes d’approche du diagnostic dont la présentation de l’approche exploratoire - l’identification et évaluation des ressources (évaluation du stade de spécification au sens de Colletis et Pecqueur) - l’identification des branches d’attractivité, propres au territoire examiné - l’identification des acteurs capables de porter un projet - Quelles diversifications économiques possibles?